En Nouvelle-Calédonie, la santé repose sur la CAFAT, la sécurité sociale locale, qui rembourse une partie des soins via le régime unifié d'assurance maladie-maternité (RUAMM).
Elle est obligatoire, mais laisse un reste à charge : la plupart des résidents ajoutent une mutuelle. Côté soins, tout gravite autour de Nouméa, avec le Médipôle de Koutio et son CHT Gaston Bourret. Voici comment vous affilier et vous soigner sereinement.
À retenir en une phrase
La CAFAT couvre une partie des soins courants. Une mutuelle complémentaire est vivement recommandée pour limiter le reste à charge, surtout dans les premières semaines après votre arrivée.
La CAFAT, sécurité sociale obligatoire de Nouvelle-Calédonie (l'essentiel en une réponse)
La CAFAT est l'organisme qui gère la sécurité sociale en Nouvelle-Calédonie.
Son nom complet, Caisse de compensation des prestations familiales, des accidents du travail et de prévoyance des travailleurs, dit bien l'étendue de ses missions : elle ne s'occupe pas seulement de la santé, mais aussi de la retraite, des prestations familiales et des accidents du travail.
Pour un nouvel arrivant, c'est l'interlocuteur central de la couverture sociale sur le territoire.
Le volet santé passe par le RUAMM en Nouvelle-Calédonie, le régime unifié d'assurance maladie-maternité. C'est lui qui prend en charge une part de vos consultations, médicaments, examens et hospitalisations.
À la différence de la métropole, ce n'est pas la CPAM ni Ameli qui interviennent : le système est propre au territoire, avec ses propres taux, ses propres démarches et son propre calendrier. Cette organisation autonome fait partie des compétences que la Nouvelle-Calédonie exerce elle-même.
Est-elle obligatoire ? Oui. Dès lors que vous résidez et travaillez sur le territoire, l'affiliation au régime local est la règle. Mais obligatoire ne veut pas dire intégrale : le RUAMM rembourse une partie des soins, pas la totalité.
C'est la nuance qui surprend le plus les personnes habituées à la Sécurité sociale métropolitaine, et c'est la raison pour laquelle la question de la mutuelle revient systématiquement. Ce guide sur la vie quotidienne en Nouvelle-Calédonie replace la santé parmi les autres démarches d'installation.
Ce que la CAFAT rembourse et ce qui reste à votre charge

Le principe du remboursement des frais médicaux par la CAFAT ressemble à celui de la métropole : sur chaque acte, l'assurance maladie prend en charge un pourcentage, et le solde, appelé ticket modérateur, reste à votre charge.
Les taux habituels sont de 80, 70, 60, 50 ou 40 % selon la nature du soin. Sur les consultations médicales et les visites à domicile, un ticket modérateur de 10 % s'applique, majorations et frais de déplacement compris.
Là où la logique diffère, c'est sur les situations à prise en charge renforcée.
Certaines circonstances peuvent être couvertes à un niveau bien supérieur, parfois jusqu'à la totalité des soins liés : une longue maladie reconnue par la CAFAT, un accident du travail ou une maladie professionnelle, ou encore la maternité pour le suivi de grossesse et l'accouchement.
Ces dispositifs supposent souvent une reconnaissance administrative préalable et l'ouverture d'un dossier. Le tableau ci-dessous donne une lecture qualitative de « qui rembourse quoi », sans chiffres, pour poser les repères.
| Situation | Prise en charge RUAMM | Reste à votre charge |
|---|---|---|
| Soins courants (consultation, pharmacie, examens) | 40 à 80 % | Le ticket modérateur, à couvrir par une mutuelle |
| Consultation médicale et visite à domicile | 90 % | Un ticket modérateur de 10 % |
| Longue maladie reconnue, soins du protocole | 100 % | Rien sur les soins liés, le reste au taux habituel |
| Accident du travail ou maladie professionnelle | 100 % | Rien sur les soins liés à l'accident |
| Maternité, frais médicaux listés | 100 % | Pharmacie et examens hors liste au taux habituel |
| Hospitalisation, forfait journalier | 0 % | 1 900 F.CFP par jour, quelle que soit la formule |
Taux de remboursement publiés par la CAFAT. Les 100 % s'entendent sur la base des tarifs de responsabilité de la Caisse, pas du prix facturé. Forfait journalier d'hébergement en vigueur depuis le 1er juillet 2022.
Intégration complète ou partielle : le choix qui change tout
À l'affiliation, vous choisissez une formule de cotisation. En intégration complète, tous vos soins sont remboursés aux taux ci-dessus.
En intégration partielle, vous n'êtes remboursé que des soins pris en charge à 100 % : longue maladie, hospitalisations de longue durée, évacuations sanitaires. Une consultation de ville ne vous est alors pas remboursée du tout.
Concrètement, pour un rhume soigné en ville, vous avancez les frais ou bénéficiez du tiers payant selon les cas, la CAFAT rembourse sa part, et le reste tombe sur vous ou sur votre complémentaire.
Pour une hospitalisation programmée liée à une affection reconnue, la logique change et votre reste à charge peut devenir marginal. Cette variabilité explique pourquoi deux résidents peuvent avoir un vécu très différent du système : tout dépend des soins concernés et de la couverture complémentaire souscrite.
Pourquoi une mutuelle complémentaire est quasi indispensable
Puisque la CAFAT ne couvre qu'une partie des soins courants, la mutuelle santé en Nouvelle-Calédonie vient combler le reste. Ce n'est pas une obligation légale, mais dans les faits, la grande majorité des résidents en dispose.
La complémentaire prend en charge tout ou partie du ticket modérateur, et surtout les postes traditionnellement peu remboursés par le régime de base : optique, dentaire, appareillage, chambre particulière à l'hôpital et dépassements éventuels.
Deux grandes voies existent. La première est la mutuelle d'entreprise : de nombreux employeurs calédoniens proposent un contrat collectif, souvent avantageux car cofinancé. Si vous êtes recruté sur place, posez la question dès l'embauche.
La seconde est la mutuelle individuelle, que vous souscrivez vous-même. Les tarifs dépendent de l'âge, du niveau de garanties choisi et du nombre de personnes couvertes, si bien qu'il est difficile d'avancer un montant unique : le mieux est de demander plusieurs devis et de comparer les plafonds poste par poste.
Cas particulier fréquent : les premières semaines après l'arrivée, avant l'ouverture effective des droits CAFAT, peuvent laisser une fenêtre sans couverture solide.
C'est là qu'une assurance santé internationale pour résidents prend tout son sens, le temps de sécuriser la transition entre votre régime métropolitain et le régime local.
Se couvrir dès l'arrivée
S'affilier à la CAFAT en arrivant : démarches, accord de coordination et ayants droit

L'affiliation à la CAFAT à l'arrivée dépend d'abord de votre statut. Si vous êtes salarié, la démarche est en grande partie portée par votre employeur : c'est lui qui vous déclare et qui ouvre vos droits au titre de son établissement.
Vous fournissez vos justificatifs, il s'occupe de la déclaration. C'est le cas de figure le plus simple, à condition d'anticiper la remise des documents.
Pour les autres profils, la logique diffère. Un travailleur indépendant s'affilie au titre de son activité. Un retraité ou une personne sans emploi relève de règles spécifiques selon l'origine de ses ressources.
Dans plusieurs situations, l'accord de coordination entre la France et la Nouvelle-Calédonie joue un rôle clé : il organise l'articulation entre le régime métropolitain et le régime calédonien, pour éviter les ruptures de droits ou les doubles cotisations.
Les modalités précises étant techniques et propres à chaque cas, rapprochez-vous de la CAFAT et, le cas échéant, de votre caisse métropolitaine pour cadrer votre situation.
Pensez enfin aux ayants droit : conjoint, enfants et personnes à charge peuvent être rattachés à votre dossier pour bénéficier de la couverture. Il faut les déclarer et fournir les pièces justificatives correspondantes.
Le maître-mot est l'anticipation : constituez votre dossier d'inscription rapidement après l'arrivée, afin d'ouvrir vos droits sans période blanche. Cette étape s'insère naturellement dans le reste des formalités que nous détaillons dans le budget d'installation à Nouméa.
L'offre de soins à Nouméa et dans les provinces : Médipôle, CHT Gaston Bourret et cliniques
Le système de santé de la Nouvelle-Calédonie est de bon niveau, mais fortement concentré autour du Grand Nouméa. La pièce maîtresse est le Médipôle de Koutio, à Dumbéa, qui abrite le CHT Gaston Bourret, centre hospitalier territorial de référence pour tout le territoire.
On y trouve les urgences, la chirurgie, la réanimation, la maternité et les grandes spécialités. C'est vers cet établissement que convergent les cas les plus lourds venus de la Grande Terre comme des îles.
À côté du public, le secteur privé occupe une place réelle, notamment avec la Clinique Kuindo-Magnin à Nouméa, orientée chirurgie, maternité et consultations spécialisées. Les cliniques privées offrent souvent des délais et un cadre appréciés, avec des conditions tarifaires qui leur sont propres.
Enfin, hors de la capitale, ce sont les centres médico-sociaux (CMS) et dispensaires qui assurent les soins de proximité et la prévention, en provinces Nord, Sud et Îles. Ce maillage est essentiel, mais l'accès aux spécialistes y reste plus limité qu'à Nouméa.
| Établissement | Type | Localisation | Vocation |
|---|---|---|---|
| Médipôle de Koutio / CHT Gaston Bourret | Public | Dumbéa (Koutio), Grand Nouméa | Hôpital de référence : urgences, chirurgie, réanimation, maternité, spécialités |
| Clinique Kuindo-Magnin | Privé | Nouméa | Chirurgie, maternité, consultations spécialisées |
| Centres médico-sociaux (CMS) et dispensaires | Public | Provinces Nord, Sud et Îles | Soins de proximité, prévention, premiers recours |
Panorama indicatif des principaux établissements. L'offre évolue ; vérifiez les services et coordonnées à jour avant tout déplacement.
Cette géographie de la santé a une conséquence pratique pour le choix du lieu de vie : plus on s'éloigne de Nouméa, plus il faut anticiper les trajets pour un suivi spécialisé.
C'est un paramètre à intégrer si vous hésitez sur un quartier ou une commune, un sujet que nous abordons dans notre guide pour vivre à Nouméa, entre Anse Vata et Baie des Citrons.
Se faire soigner hors de Nouvelle-Calédonie : évacuations sanitaires et soins en métropole
Malgré la qualité du CHT Gaston Bourret, certaines prises en charge très spécialisées ne peuvent pas être réalisées sur place. Dans ces cas, une évacuation sanitaire, couramment appelée evasan en Nouvelle-Calédonie, est organisée.
La proximité géographique explique que l'Australie (Brisbane, Sydney) soit une destination fréquente pour les soins d'urgence les plus techniques, tandis que la métropole peut être privilégiée pour des prises en charge programmées ou de longue durée.
Ces évacuations relèvent d'un cadre médical et administratif précis : elles sont décidées sur indication médicale, avec une prise en charge dont les modalités dépendent de votre couverture. C'est un point à vérifier soigneusement, car les frais de transport sanitaire et de soins à l'étranger peuvent être élevés.
La question n'est pas anecdotique pour une famille qui s'installe loin de la métropole : elle renforce l'intérêt d'une complémentaire ou d'une assurance internationale prévoyant explicitement le rapatriement et les soins hors territoire.
Là encore, vérifiez les garanties de votre contrat plutôt que de supposer qu'elles sont acquises.
Combien coûte la santé en Nouvelle-Calédonie ? Cotisations, mutuelle et reste à charge
Le coût de la santé se lit sur trois lignes. D'abord les cotisations : comme en métropole, la couverture est financée par des prélèvements assis sur les revenus, partagés entre l'employeur et le salarié.
S'y ajoute la contribution calédonienne de solidarité (CCS), au taux de 1,3 %, qui porte notamment sur les allocations, indemnités et pensions servies par la CAFAT.
La CAFAT met en ligne un simulateur de cotisations RUAMM et CCS. C'est le seul moyen d'obtenir un montant qui corresponde à votre formule d'intégration et à votre statut.
Ensuite la mutuelle : c'est une dépense mensuelle qui dépend fortement de votre profil et du niveau de garanties. Enfin le reste à charge réel, c'est-à-dire ce que vous payez après remboursements CAFAT et mutuelle.
Pour un foyer en bonne santé, il peut rester modéré ; il grimpe avec les soins fréquents, l'optique, le dentaire ou une hospitalisation mal couverte. La santé s'intègre ainsi au budget global du foyer, que nous détaillons dans notre analyse du coût de la vie en Nouvelle-Calédonie.
Un mot sur la monnaie pour lire correctement toute facture ou tout devis : les montants sont exprimés en francs Pacifique. Le XPF est à parité fixe avec l'euro, ce qui simplifie la conversion mentale et évite toute mauvaise surprise de change au moment de comparer une cotisation ou une facture de soins.
Retenez l'ordre des lignes : cotisation RUAMM et CCS prélevées sur le revenu, complémentaire optionnelle mais conseillée, puis reste à charge selon les taux de remboursement et votre couverture.
Informations générales à visée d'orientation, sans valeur d'engagement : les taux, démarches et prises en charge évoluent et sont à vérifier auprès de la CAFAT et de votre assureur. Certains liens sont des liens partenaires : une souscription peut nous rémunérer, sans surcoût pour vous. Certains liens sont des liens partenaires : une réservation peut nous rémunérer, sans surcoût pour vous.








