En Nouvelle-Calédonie, voter ne donne pas accès aux mêmes urnes pour tout le monde. Il existe trois listes électorales : la liste générale, commune à toute la France, et deux listes spéciales, pour les provinciales et pour les consultations d'autodétermination. L'accès aux secondes dépend de votre histoire avec le territoire avant 1998.
À quelles élections pouvez-vous voter ?
Répondez aux questions : les trois listes se mettent à jour à droite, avec le critère de la loi organique qui s'applique à vous. Vous devez avoir 18 ans et jouir de vos droits civiques.
- Liste généraleOui
- Présidentielle, législatives, municipales, européennes
- Inscription à la mairie de votre commune.
- Liste spéciale provincialeNon
- Provinciales, et donc composition du Congrès
- Arrivé après le 8 novembre 1998 : vous restez au tableau annexe, sans vote aux provinciales.
- Liste spéciale pour la consultationNon
- Consultation sur l’accession à la pleine souveraineté, aucune programmée à ce jour
- Aucun des critères de l’article 218 ne s’applique à votre situation.
Articles 188 et 218 de la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999, dans leur version issue de la loi organique du 28 mai 2026. Ce test donne une orientation, pas une décision : l'inscription sur les listes spéciales relève des commissions administratives spéciales, sous le contrôle du tribunal de première instance de Nouméa. Certains critères de l'article 218 (parent né en Nouvelle-Calédonie, domicile de 1988 à 1998 pour les personnes nées avant 1989) ne sont pas repris ici.
Les trois listes électorales, critère par critère
| Liste | Elle permet de voter aux | Qui la tient | Condition de base |
|---|---|---|---|
| Liste générale | Présidentielle, législatives, municipales, européennes, référendums nationaux | La mairie | Nationalité française, 18 ans, droits civiques |
| Liste spéciale provinciale | Élections provinciales, qui désignent aussi le Congrès | Les commissions administratives spéciales, présidées par un magistrat | Être sur la liste générale et remplir un critère de l'article 188 |
| Liste spéciale pour la consultation | Consultations sur l'accession à la pleine souveraineté | Les mêmes commissions | Être sur la liste générale et remplir un critère de l'article 218 |
Les ressortissants des autres pays de l'Union européenne sont inscrits sur une liste complémentaire, qui ne leur ouvre que les municipales et les européennes. Les électeurs de la liste générale qui ne sont pas sur la liste spéciale provinciale figurent sur un tableau annexe, tenu à part.
La liste spéciale provinciale : les quatre critères de l'article 188
Il suffit de remplir l'un d'eux :
- a : remplir les conditions pour voter à la consultation du 8 novembre 1998 ;
- b : être inscrit au tableau annexe de 1998 et compter dix ans de domicile en Nouvelle-Calédonie à la date de l'élection ;
- c : être devenu majeur après le 31 octobre 1998 et, soit justifier de dix ans de domicile en 1998, soit avoir un parent qui pouvait voter en 1998, soit avoir un parent inscrit au tableau annexe et dix ans de domicile ;
- d, depuis le 30 mai 2026 : être né en Nouvelle-Calédonie et inscrit sur la liste générale.
Les périodes passées hors du territoire pour le service national, les études, une formation, ou pour raisons familiales, professionnelles ou médicales n'interrompent pas le délai de domicile, à condition d'avoir été domicilié en Nouvelle-Calédonie avant de partir.
L'inscription vaut citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie. En plus du vote provincial, elle ouvre la priorité d'embauche prévue par les lois du pays, que détaille notre page emploi et salaires.
La liste spéciale pour la consultation : l'article 218
Plus large que la liste provinciale sur certains points, elle réunit les électeurs de la liste générale qui remplissent l'un de huit critères. Les principaux : avoir été admis à la consultation de 1998, relever du statut civil coutumier, être né en Nouvelle-Calédonie ou y avoir un parent né et y avoir le centre de ses intérêts matériels et moraux, justifier de vingt ans de domicile continu au plus tard le 31 décembre 2014, ou être né à partir de 1989 d'un parent admis en 1998.
Les personnes de statut coutumier, les électeurs admis en 1998 et une partie des natifs y sont inscrits d'office. C'est cette liste qui a servi aux trois consultations de 2018, 2020 et 2021, dont nous retraçons les résultats dans notre page sur les référendums de l'Accord de Nouméa. Au 21 septembre 2026, aucune nouvelle consultation n'est programmée.
S'inscrire, vérifier, contester
Le calendrier calédonien n'est pas celui de la métropole. En Nouvelle-Calédonie, on s'inscrit sur la liste générale avant le 31 décembre pour voter l'année suivante, sans la possibilité, ouverte ailleurs en France, de s'inscrire jusqu'au sixième vendredi avant le scrutin. Pour les municipales de 2026, les inscriptions ont fermé le 31 décembre 2025. Pour voter à l'élection présidentielle de 2027, il faut donc être inscrit avant le 31 décembre 2026.
- Vérifier sa situation. Le téléservice electeur-nc.fr indique vos inscriptions sur les trois listes et votre bureau de vote. La mairie peut aussi vous renseigner.
- S'inscrire sur la liste générale. À la mairie du domicile, ou de la résidence si elle dure depuis six mois, sur place, par courrier ou par courriel selon la commune. Les jeunes recensés sont inscrits d'office. Des exceptions à la date du 31 décembre existent l'année d'un scrutin : majorité atteinte en cours d'année, mutation, naturalisation, retour à la vie civile.
- Demander la liste spéciale provinciale. La demande se dépose en mairie, de préférence avant le 15 décembre, avec les justificatifs de domicile ou de filiation. La commission administrative spéciale de votre bureau statue lors de la révision annuelle. Une révision complémentaire existe en cours d'année pour ceux qui remplissent entre-temps le critère b ou c.
- Contester un refus ou une omission. Le recours se porte devant le tribunal de première instance de Nouméa, jusqu'au jour du scrutin, avec l'attestation de non-inscription de la mairie, une pièce d'identité, un justificatif de domicile et le formulaire Cerfa n° 15878.
Voter par procuration en Nouvelle-Calédonie
Pour les provinciales, le mandant et le mandataire doivent tous deux être inscrits sur la liste spéciale provinciale. Ils peuvent habiter deux communes différentes, mais le mandataire vote dans le bureau du mandant. La procuration s'établit avec les formulaires propres au territoire, Cerfa n° 16200 en version papier, ou en ligne sur MaProcuration avec une connexion par NC Connect. Deux restrictions : la résiliation ne peut pas se faire entièrement en ligne, et si le mandant est inscrit hors de Nouvelle-Calédonie et le mandataire sur place, seule la version papier fonctionne.
Le corps électoral calédonien en chiffres
| Indicateur | Chiffre | Source et date |
|---|---|---|
| Inscrits sur la liste spéciale provinciale | 192 584 | Haut-commissariat, liste définitive, juin 2026 |
| dont province Sud | 127 474 | Idem |
| dont province Nord | 43 016 | Idem |
| dont province des Îles Loyauté | 22 094 | Idem |
| Électeurs au tableau annexe, sans vote provincial | 27 005 | Haut-commissariat, juin 2026 |
| Natifs ajoutés par la loi du 28 mai 2026 | ≈ 10 500 | Vie-publique, Conseil constitutionnel |
| Inscrits sur la liste spéciale en 2018 | 164 555 | Haut-commissariat |
| Participation aux provinciales | 63,71 % | 28 juin 2026, contre 66,49 % en 2019 |
Avant l'ajout des natifs, le gouvernement évaluait la part des électeurs de la liste générale exclus du vote provincial à 17 %, contre 7,5 % en 1999. C'est l'écart qui se creuse à chaque arrivée : tout Français installé après 1998, quelle que soit la durée de son séjour, reste au tableau annexe.

Du gel au dégel partiel : la chronologie
Le corps électoral est le point de désaccord central de la vie politique calédonienne depuis vingt ans. Les formations indépendantistes voient dans la restriction une garantie de l'Accord de Nouméa pour le peuple kanak, dans un processus de décolonisation. Les formations non indépendantistes dénoncent l'exclusion durable de résidents installés depuis des décennies. La chronologie ci-dessous s'en tient aux textes et aux dates.
5 mai 1998
Accord de Nouméa
L’accord crée la citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie et restreint le vote aux provinciales. La loi organique du 19 mars 1999 fixe les critères, à l’article 188.
23 février 2007
Le gel est inscrit dans la Constitution
La loi constitutionnelle n° 2007-237 remplace le corps électoral « glissant », qui s’ouvrait avec dix ans de résidence, par un corps « gelé » : le tableau annexe est celui de la consultation de 1998.
29 janvier 2024
Projet de dégel
Le gouvernement dépose un projet de loi constitutionnelle qui ouvrirait les provinciales aux natifs et aux résidents de dix ans. Le Sénat l’adopte le 2 avril, l’Assemblée nationale le 14 mai 2024.
13 mai 2024
Émeutes
Les violences éclatent à Nouméa pendant l’examen du texte à l’Assemblée. Le 12 juin 2024, le président de la République renonce à réunir le Congrès du Parlement. La réforme est ensuite abandonnée.
2024 à 2025
Trois reports des provinciales
Trois lois organiques repoussent le scrutin, au plus tard au 15 décembre 2024, au 30 novembre 2025, puis au 28 juin 2026. Le Conseil constitutionnel précise en novembre 2025 que ce dernier report ne pourra pas être prolongé.
12 juillet 2025
Accord de Bougival
Le projet prévoit un État de la Nouvelle-Calédonie et une nationalité calédonienne, qui deviendrait le critère du vote provincial. Le FLNKS le rejette le 9 août 2025.
19 janvier 2026
Accord Élysée-Oudinot
Un accord complémentaire est signé sans le FLNKS. Le projet de loi constitutionnelle qui en découle est adopté au Sénat le 24 février, puis rejeté par l’Assemblée nationale le 2 avril 2026.
28 mai 2026
Ouverture aux natifs
La loi organique n° 2026-410 ajoute un critère d à l’article 188 : les natifs inscrits sur la liste générale entrent sur la liste spéciale, d’office. Le Conseil constitutionnel la valide le même jour. Elle s’applique dès le 30 mai.
28 juin 2026
Élections provinciales
192 584 inscrits sur la liste spéciale, 63,71 % de participation. Les provinciales se tiennent sous le statut issu de l’Accord de Nouméa.
La crise ouverte en mai 2024, son bilan humain et économique et la situation actuelle sur le terrain sont traités dans notre page sur la situation après les émeutes de mai 2024. Pour le cadre institutionnel lui-même, voir le statut sui generis issu de l'Accord de Nouméa.
Au 21 septembre 2026, aucun nouveau texte n'est inscrit au calendrier. Reçus à l'Élysée le 4 septembre, les élus calédoniens n'ont obtenu aucune annonce institutionnelle, et la présidente du Congrès a indiqué ne pas attendre de discussion avant la prochaine présidentielle et le prochain mandat de l'Assemblée nationale. Cette page sera mise à jour à chaque étape.
Provinciales 2026 : ce que le scrutin a produit
Les provinciales du 28 juin 2026, convoquées par le décret n° 2026-416 du 29 mai 2026, ont renouvelé les trois assemblées de province et le Congrès, après sept ans de mandature au lieu de cinq. Au Congrès, qui compte 54 élus, les listes Loyalistes-Rassemblement obtiennent 24 sièges et les formations indépendantistes 26, Éveil océanien en détient 4.
Virginie Ruffenach (Rassemblement) a été élue présidente du Congrès le 10 juillet 2026, par 28 voix contre 26. Le 31 juillet, le Congrès a élu le 19e gouvernement, présidé par Milakulo Tukumuli (Éveil océanien). Les provinces sont présidées par Sonia Backès au Sud, Paul Néaoutyine au Nord et Mickaël Forrest aux Îles.
La citoyenneté calédonienne, en bref
La citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie n'est pas une nationalité. Tous les citoyens calédoniens sont français. Tous les Français qui vivent sur le territoire ne sont pas citoyens calédoniens. Elle se confond avec l'inscription sur la liste spéciale provinciale et coexiste avec d'autres statuts propres au territoire, comme le statut civil coutumier kanak.
L'accord de Bougival proposait de la remplacer par une nationalité calédonienne, cumulable avec la nationalité française, ouverte aux électeurs des provinciales de 2026, à leurs enfants, aux natifs, aux résidents de dix ans remplissant des conditions d'intégration et aux conjoints après cinq ans. Le rejet du projet de loi constitutionnelle à l'Assemblée, le 2 avril 2026, a bloqué ce projet à ce stade.
Contenu informatif, à jour au 21 septembre 2026. Critères tirés des articles 188 et 218 de la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999. Chiffres publiés par le haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie. Seule la commission administrative spéciale se prononce sur une inscription, sous le contrôle du tribunal de première instance.








