Vivre en Nouvelle-Calédonie
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Fiscalité

Impôt sur les sociétés en Nouvelle-Calédonie : taux, base et déclaration

30 % en droit commun, 15 % sous trois conditions, contribution additionnelle au-delà de 200 millions F.CFP de bénéfice.

Mis à jour en septembre 2026.

Droit commun
30 %
Mines et métallurgie
≈ 35 %
Taux réduit
15 %
CA max taux réduit
200 millions F.CFP

L'impôt sur les sociétés en Nouvelle-Calédonie obéit à un régime local, distinct de celui de la métropole.

Le taux de droit commun s'établit à 30 % du bénéfice imposable, les activités minières et métallurgiques relèvent d'un taux majoré, de l'ordre de 35 %, et un taux réduit de 15 % peut s'appliquer, sous conditions, sur une première tranche de bénéfice.

Voici comment fonctionne l'IS calédonien, qui y est assujetti et ce qui le sépare du régime métropolitain.

Taux de l'impôt sur les sociétés en Nouvelle-Calédonie : la réponse en bref (30 %, 35 %, 15 %)

En Nouvelle-Calédonie, l'IS ne se résume pas à un taux unique. Le taux IS Nouvelle-Calédonie de référence, celui du droit commun, vise les sociétés commerciales classiques.

À côté, deux régimes particuliers coexistent : un taux majoré pour le secteur extractif, et un taux réduit destiné à alléger la charge sur les premiers résultats. Ce tableau donne la vue d'ensemble, avec un rappel du taux métropolitain pour mesurer l'écart.

RégimeTaux d'ISCe qu'il vise
Droit commun (sociétés commerciales)30 %Taux normal sur le bénéfice imposable
Activités minières et métallurgiques≈ 35 %Secteur du nickel et de la métallurgie
Taux réduit, sous conditions15 %Première tranche de bénéfice, PME éligibles
Rappel : France métropolitaine25 %Taux normal de l'IS métropolitain (hors NC)

Retenez la logique plus que le chiffre isolé : l'impôt sur les sociétés NC 30 % est la règle, le taux minier de 35 % l'exception vers le haut, le taux réduit de 15 % l'exception vers le bas, réservée aux sociétés sous 200 millions F.CFP de chiffre d'affaires dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

L'IS mines vise précisément l'exploration, l'extraction et l'exportation des substances concessibles, ainsi que la métallurgie des minerais.

Quelles sociétés sont assujetties à l'IS calédonien ?

Chef d'entreprise en costume étudiant des documents lors d'un rendez-vous professionnel

L'IS frappe, en principe, les sociétés de capitaux qui réalisent des bénéfices sur le territoire : sociétés anonymes (SA), sociétés par actions simplifiées (SAS), sociétés à responsabilité limitée (SARL) et, plus largement, les personnes morales exerçant une activité lucrative rattachée à la Nouvelle-Calédonie.

Le critère central est l'exercice d'une activité sur place, à travers un siège, un établissement ou une exploitation effective, et non la seule immatriculation.

Toutes les structures ne relèvent pas automatiquement de cet impôt. Certaines sociétés de personnes, entreprises individuelles ou activités non commerciales sont imposées à l'impôt sur le revenu selon le barème local plutôt qu'à l'IS.

La fiscalité des entreprises Nouvelle-Calédonie distingue donc soigneusement la forme juridique, la nature de l'activité et le régime d'imposition retenu ou choisi. Un même projet peut, selon l'enveloppe juridique adoptée, basculer d'un régime à l'autre.

La question de la localisation compte aussi pour les groupes présents des deux côtés du Pacifique. Une société métropolitaine qui développe une activité en Nouvelle-Calédonie, ou l'inverse, doit examiner où le bénéfice est réputé réalisé et imposable.

C'est précisément l'objet de la convention fiscale entre la France et la Nouvelle-Calédonie, qui répartit les droits d'imposition et vise à éviter qu'un même résultat soit taxé deux fois.

Base imposable et conditions du taux réduit à 15 %

La base imposable IS Nouvelle-Calédonie se construit à partir du résultat comptable de l'exercice, retraité selon les règles fiscales locales. On part du bénéfice net, auquel on applique des réintégrations (charges non déductibles) et des déductions (produits exonérés, régimes particuliers).

La comptabilité doit être tenue conformément au plan comptable applicable localement, largement inspiré des principes français mais avec ses adaptations propres.

L'assiette n'est donc pas le chiffre d'affaires, mais bien le bénéfice, une fois les charges d'exploitation, les amortissements et les provisions pris en compte.

Le taux réduit de 15 % s'obtient en remplissant trois conditions, et il faut les trois. La Direction des services fiscaux les énonce ainsi :

  • un chiffre d'affaires inférieur à 200 millions de francs CFP ;
  • un capital entièrement libéré ;
  • un capital détenu de manière continue, à 75 % au moins, par des personnes physiques.

La condition de détention est celle qui disqualifie le plus souvent : une holding au capital fait tomber les 75 %, et l'entreprise repasse à 30 % sur la totalité de son bénéfice.

À l'autre extrémité de l'échelle, le secteur extractif suit sa propre logique. L'IS secteur minier 35 % tient compte du poids du nickel dans l'économie et des spécificités de l'activité : amortissement des gisements, redevances, cycles longs d'investissement.

Ce taux majoré traduit un arbitrage politique et budgétaire ancien, et il reste sensible à la conjoncture du minerai, dont les recettes fiscales dépendent fortement.

Contribution additionnelle à l'IS et IRVM sur les dividendes

La contribution sociale additionnelle (CSA) ne concerne que les gros bénéfices : elle se déclenche à partir de 200 millions de francs CFP de bénéfice imposable au taux de droit commun. En dessous, elle ne s'applique pas du tout.

Tranche de bénéfice imposableTaux de CSA
De 200 à 300 millions F.CFP5 %
De 300 à 400 millions F.CFP10 %
Au-delà de 400 millions F.CFP15 %

Barème de l'article R. 920.2 du code des impôts, publié par la Direction des services fiscaux. La CSA donne lieu à deux acomptes, chacun égal au tiers de la contribution calculée sur le dernier exercice clos.

En aval, la distribution des bénéfices déclenche une seconde couche d'imposition. Lorsqu'une société verse des dividendes, les revenus distribués peuvent être soumis à l'IRVM Nouvelle-Calédonie, l'impôt sur le revenu des valeurs mobilières.

Concrètement, le bénéfice est d'abord taxé au niveau de la société (IS), puis les sommes reversées aux associés supportent un prélèvement propre. Les taux et modalités dépendent notamment de la nature du revenu distribué et de la localisation du bénéficiaire (résident calédonien, résident métropolitain, non-résident).

Pour un dirigeant qui arbitre entre se verser un salaire, laisser le résultat dans la société ou se distribuer des dividendes, cet empilement change tout.

La question se complique encore lorsque l'associé n'a pas sa résidence fiscale en Nouvelle-Calédonie, car la répartition du droit d'imposer entre les deux territoires entre alors en jeu.

Là encore, les taux exacts de l'IRVM et de la contribution additionnelle se lisent dans le Code des impôts local, dont la fiche IRVM de la DSF donne le point d'entrée.

Déclaration, acomptes et paiement de l'IS auprès de la DSF

Côté formalités, la déclaration IS Direction des services fiscaux suit un calendrier propre au territoire. La société établit sa liasse à partir de sa comptabilité annuelle, détermine son résultat fiscal, applique le ou les taux pertinents, puis dépose sa déclaration auprès de la DSF de la Nouvelle-Calédonie.

Le paiement s'organise généralement autour d'acomptes en cours d'exercice, régularisés par un solde une fois le résultat définitif connu, sur le modèle d'un impôt liquidé par l'entreprise elle-même.

Les dates précises de dépôt et d'échéance, la forme des télédéclarations et les seuils de dispense éventuels sont fixés localement et peuvent différer des usages métropolitains. Il est donc prudent de caler son calendrier fiscal sur les consignes en vigueur de la DSF plutôt que sur des habitudes importées de métropole.

Une société qui vient de se créer a intérêt à clarifier dès le premier exercice le rythme de ses acomptes, pour éviter les régularisations lourdes et les éventuelles majorations de retard.

L'IS ne vit pas isolé du reste de la fiscalité de l'entreprise. La plupart des sociétés collectent aussi la taxe générale sur la consommation (TGC) sur leurs ventes, et manient une trésorerie libellée en francs Pacifique (XPF), à parité fixe avec l'euro.

Penser l'IS sans intégrer la TGC, les charges sociales et la gestion du change reviendrait à ne regarder qu'une pièce du puzzle fiscal calédonien.

IS en Nouvelle-Calédonie vs France métropolitaine : l'effet de l'autonomie fiscale

La différence de taux, 30 % en Nouvelle-Calédonie contre 25 % en France métropolitaine sur le droit commun, n'est pas un simple écart de barème.

Elle découle du fait que la Nouvelle-Calédonie dispose de l'autonomie fiscale : elle vote ses propres impôts, définit ses assiettes et fixe ses taux à travers un Code des impôts local.

Cette compétence s'inscrit dans l'architecture institutionnelle héritée du statut sui generis et de l'Accord de Nouméa, qui a transféré au territoire des pans entiers de compétences.

Conséquence directe : on ne peut pas déduire la fiscalité calédonienne de la fiscalité métropolitaine. Le taux réduit, les contributions additionnelles, les règles d'assiette et les régimes sectoriels obéissent au droit local et ne se calquent pas sur le régime français.

Une comparaison brute des seuls taux nominaux (30 % contre 25 %) peut d'ailleurs induire en erreur, puisque l'assiette, les allègements et les prélèvements annexes diffèrent de part et d'autre.

Deux entreprises au même bénéfice comptable ne supporteront pas nécessairement une charge proportionnelle à la seule différence de taux affiché.

Pour un groupe présent sur les deux territoires, l'enjeu n'est pas de choisir le taux le plus bas sur le papier, mais de sécuriser la localisation du bénéfice et d'articuler correctement les deux régimes grâce à la convention fiscale.

Cette articulation évite la double imposition, tout en respectant la souveraineté fiscale de chaque partie.

Points de vigilance avant de créer ou domicilier sa société en NC

Avant de créer une structure ou d'y domicilier une activité, quelques réflexes limitent les mauvaises surprises. D'abord, la forme juridique n'est pas neutre : elle détermine si votre bénéfice relèvera de l'IS ou de l'impôt sur le revenu, et conditionne l'accès au taux réduit.

Ensuite, l'éligibilité au taux de 15 % dépend de conditions précises (chiffre d'affaires, capital) qu'il faut vérifier chiffre à jour en main, et non sur des ordres de grandeur.

  • Confirmer les taux et seuils applicables à votre exercice dans le code des impôts Nouvelle-Calédonie sociétés, car ils peuvent changer d'une loi de pays à l'autre.
  • Anticiper la double couche IS puis IRVM sur les dividendes, et la contribution additionnelle, pour arbitrer entre rémunération et distribution.
  • Cartographier la localisation du bénéfice si votre activité touche à la fois la métropole et le territoire, en vous appuyant sur la convention fiscale.
  • Intégrer le reste de la fiscalité (TGC, charges sociales, gestion du change XPF) dans votre prévisionnel, l'IS n'étant qu'une ligne parmi d'autres.

Pour les investissements productifs, la Nouvelle-Calédonie propose par ailleurs des dispositifs d'incitation et de défiscalisation. Selon votre projet, un mécanisme comme le Girardin industriel en Nouvelle-Calédonie ou d'autres outils sectoriels peuvent modifier sensiblement l'équation.

Une vue d'ensemble de la fiscalité et du statut en Nouvelle-Calédonie aide à replacer l'IS dans son contexte, avant de trancher avec un professionnel.

L'impôt sur les sociétés calédonien repose sur un taux de droit commun de 30 %, un taux minier de l'ordre de 35 %, un taux réduit de 15 % sous conditions, et un jeu de contributions et de prélèvements sur les distributions.

Les chiffres exacts, les seuils et le calendrier sont fixés par le droit local et méritent d'être confirmés au cas par cas : l'autonomie fiscale du territoire est autant une souplesse qu'une invitation à la vigilance.

Informations générales à visée pédagogique, en fourchettes indicatives et susceptibles d'évoluer. Elles ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé : pour votre situation, rapprochez-vous de la Direction des services fiscaux de la Nouvelle-Calédonie ou d'un expert-comptable.

IS en Nouvelle-Calédonie : questions fréquentes

Le taux de droit commun est de 30 % sur les bénéfices des sociétés commerciales. Les activités minières et métallurgiques relèvent d'un taux majoré, de l'ordre de 35 %, et un taux réduit de 15 % peut s'appliquer, sous conditions, sur une première tranche du bénéfice imposable. Les seuils et conditions exacts figurent au Code des impôts de la Nouvelle-Calédonie : vérifiez-les auprès de la Direction des services fiscaux (DSF).

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