Un engin de chantier, un bateau de pêche, une chambre froide : en défiscalisation, votre entreprise ne paie qu'une partie du prix. Réglez le montant ci-dessous pour voir ce qui reste à votre charge, puis décrivez votre projet si vous voulez le faire chiffrer.
Ce que votre matériel vous coûtera vraiment
Réglez le prix hors taxes et la commune d'exploitation. Chaque ligne montre ce qui reste à votre charge selon la voie de financement, en fourchette : le chiffre exact dépend du montage et des frais du monteur.
- Girardin industrielinvestisseurs métropolitains, article 199 undecies B42 MF à 45 MF à votre charge25 % à 30 % pris en charge
Agrément de Bercy requis dans les secteurs sensibles (transport, pêche, agriculture) au-delà de 250 000 €.
- Défiscalisation localebailleurs de fonds calédoniens, article Lp 45 ter 141 MF à 42 MF à votre charge30 % à 31,5 % pris en charge
Agrément du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, instruit par la DSF.
- Double défiscalisationles deux étages sur le même programme18 MF à 30 MF à votre charge50 % à 70 % pris en charge
Deux agréments successifs : compter plusieurs mois de plus.
Fourchettes tirées des taux publiés par la DSF et des montages courants annoncés par les opérateurs de la place. La base éligible exclut la TGC, les frais d'installation non capitalisés et toute subvention déjà obtenue. Un monteur doit vous remettre un plan de financement chiffré, loyer par loyer.
Faire étudier votre dossier
Trois questions, celles que tout monteur pose au premier rendez-vous. Nous vous répondons par courriel avec les opérateurs qui traitent ce type de dossier en Nouvelle-Calédonie.
Quel dispositif selon le montant de votre projet
Le montant hors taxes du programme décide presque tout : les guichets ouverts, l'agrément et le délai. Les seuils calédoniens sont en francs, ceux du Girardin en euros, ce qui complique la lecture. Le tableau les met sur la même échelle, à 119,33 francs pour un euro.
| Montant du programme | Girardin (État) | Aide fiscale locale | Agrément |
|---|---|---|---|
| Moins de 10 MF | Ouvert, 25 à 30 % du prix pour vous | Fermée | Aucun |
| 10 à 30 MF | Ouvert | Crédit direct de 15 % sur votre propre impôt | Aucun |
| 30 à 50 MF | Ouvert | Crédit direct de 15 % | Bercy, dans les secteurs sensibles (plus de 250 000 €) |
| 50 à 120 MF | Ouvert | Investisseurs locaux : 45 % à 60 % de crédit d'impôt | Gouvernement pour l'aide locale, Bercy selon le secteur |
| Plus de 120 MF | Ouvert | Investisseurs locaux | Bercy (plus d'un million d'euros) et gouvernement |
Les secteurs dits sensibles pour Bercy sont notamment le transport, la pêche, l'agriculture et la navigation de plaisance. Un transporteur ou un pêcheur passe donc en agrément bien plus tôt qu'un industriel.
Le crédit direct de 15 % ne fait pas baisser le prix du matériel : il réduit l'impôt de votre entreprise, dans la limite de la moitié de ce qu'elle doit. Le reste se reporte sur deux exercices.
Il ne sert donc qu'à une société bénéficiaire. Le mode de calcul de cet impôt est détaillé sur notre page consacrée à l'impôt sur les sociétés calédonien.
Girardin seul, aide locale ou double défiscalisation
Le Girardin fait appel à des contribuables de métropole ou des DOM, qui réduisent leur impôt sur le revenu. La loi leur impose de vous rétrocéder au moins 56 % de leur avantage, et 66 % au-delà de 300 000 € de programme par exploitant et par an.
Prenons une pelle de 20 MF, soit environ 168 000 €. Sous le seuil de 300 000 €, la rétrocession minimale est de 56 % et le taux calédonien de 52,95 %.
Les investisseurs gagnent donc 10,6 MF d'impôt, dont au moins 5,9 MF vous reviennent. Les opérateurs annoncent 25 à 30 % du prix pour l'exploitant une fois leurs frais déduits, soit 5 à 6 MF de moins à payer.
L'aide fiscale locale passe par des sociétés calédoniennes qui financent votre programme et imputent un crédit d'impôt sur leur propre impôt. Ce crédit vaut 45 % dans le Grand Nouméa, 60 % dans les autres communes et 54 % pour un projet à cheval sur les deux zones.
Environ 70 % de ce crédit vous est rétrocédé, soit 31,5 % du prix à Nouméa et jusqu'à 42 % en brousse ou aux Îles. Le programme doit atteindre 50 MF, avec au moins 10 MF apportés par un bailleur de fonds, en général une banque.
La double défiscalisation superpose les deux sur le même matériel. La loi l'autorise, et l'aide locale a même été conçue pour compléter le Girardin. Sur un projet en brousse, l'avantage combiné atteint 50 à 70 % du coût éligible.
Il faut en revanche deux agréments successifs, et Bercy attend en général la décision calédonienne. Notre page sur le Girardin industriel détaille le côté investisseur de la même opération.
Paiement du matériel : qui paie quoi, et quand
Votre entreprise n'achète pas le matériel. Une société de portage, souvent une SNC créée pour l'opération, l'achète au fournisseur et vous le loue.
Le prix payé au fournisseur vient de trois sources. L'apport des investisseurs couvre la part défiscalisée. Un prêt bancaire, remboursé par vos loyers, finance le reste. Selon le montage, vous versez aussi un apport ou un premier loyer majoré à la livraison.
Pendant la location, vous payez des loyers calculés sur la seule part non défiscalisée. C'est là que se lit l'économie : Inter Invest l'estime à 25 à 30 % par rapport à un crédit classique. Au terme, vous levez l'option d'achat et le bien vous appartient.
La TGC n'entre pas dans la base défiscalisée. Faites préciser dans le plan de financement qui l'avance, au dédouanement ou sur la facture du fournisseur, et comment elle est récupérée. Le régime de la taxe est détaillé sur notre page TGC.
Montage du dossier : les pièces et les étapes

Tout part du devis du fournisseur. Avant le premier rendez-vous, rassemblez-le avec vos trois derniers bilans, l'avis de situation au RIDET, et des attestations fiscale et sociale de moins de trois mois.
Le calendrier se tend en fin d'année. Les investisseurs du Girardin veulent une réduction sur l'impôt de l'année, et les monteurs pressent les livraisons avant décembre.
Un projet présenté en septembre passe confortablement. Présenté fin novembre, il risque de glisser à l'année suivante, avec une rétrocession renégociée.
Les étapes d'un montage, vues par l'exploitant
Étape 1
Le devis et la fiche entreprise
Vous transmettez au monteur le devis du fournisseur, vos trois derniers bilans, votre avis de situation au RIDET et les attestations DSF et CAFAT. Il vérifie que l'activité et le bien sont éligibles.
Étape 2
Le plan de financement
Le monteur chiffre la rétrocession, le prêt bancaire éventuel, le montant des loyers et l'option d'achat. C'est ce document qui se compare d'un cabinet à l'autre.
Étape 3, si le montant l’exige
L'agrément
Au-delà des seuils, le dossier part en agrément : Bercy pour le Girardin, la DSF puis le gouvernement pour l'aide locale. Rien n'est commandé avant la décision.
Étape 4
La société de portage achète, vous louez
La société de portage paie le fournisseur et vous loue le bien dès sa mise en service. Vous ne décaissez pas le prix d'achat, seulement les loyers.
Étape 5, cinq ans plus tard
L'option d'achat
Vous rachetez le matériel pour la valeur fixée au contrat, souvent symbolique. La société de portage est dissoute et le bien entre à votre actif.
Vérifier le cabinet qui monte votre dossier
Les intermédiaires en défiscalisation outre-mer doivent figurer sur un registre public, en vertu de l'article 242 septies du code général des impôts et du décret du 10 février 2015.
Un cabinet dont le siège est à Nouméa s'inscrit auprès du Haut-commissariat. Un cabinet installé ailleurs doit justifier de son inscription sur l'un des registres reconnus : Paris, Antilles, Guyane, La Réunion ou Polynésie.
L'inscription vaut trois ans et impose des conditions : aptitude professionnelle des dirigeants, casier judiciaire vierge, assurance de responsabilité civile professionnelle, comptes certifiés par un commissaire aux comptes et signature d'une charte de déontologie.
Demandez le numéro d'inscription, puis vérifiez-le sur la page du Haut-commissariat.
Vérifiez aussi l'immatriculation de la société elle-même, au RIDET si elle est calédonienne, au SIREN si elle est métropolitaine. Notre page sur les monteurs Girardin présents à Nouméa liste les opérateurs réellement implantés sur le territoire et la marche à suivre pour les contrôler.
Votre expert-comptable a sa place dans la boucle. Il valide l'éligibilité de l'activité et le traitement comptable du contrat de location, et il défend vos intérêts, pas ceux des investisseurs.
Matériel éligible, et ce qui ne l'est pas
Le bien doit être neuf, productif et exploité par une activité éligible pendant au moins cinq ans, ou pendant sa durée normale d'utilisation si elle est plus courte. En pratique, les dossiers calédoniens portent surtout sur :
- les engins de BTP et de carrière : pelles, chargeuses, camions-bennes ;
- les bateaux de pêche, les équipements d'aquaculture et de froid ;
- le matériel agricole : tracteurs, irrigation, bâtiments d'élevage ;
- les lignes de production et de transformation ;
- les centrales solaires et les équipements d'énergie renouvelable ;
- les véhicules utilitaires et les poids lourds.
Plusieurs secteurs sont exclus du Girardin quel que soit le bien : commerce, conseil et expertise, banque et assurance, activités immobilières, réparation automobile, éducation, santé et action sociale.
Un commerçant qui achète une chambre froide pour son magasin n'y a pas droit. Un transformateur de produits de la mer, si.
Pour la défiscalisation d'une voiture, la règle est stricte. Un véhicule de tourisme n'est retenu que s'il est indispensable à l'activité : taxi, location, auto-école. Les utilitaires et les poids lourds suivent la règle générale.
Ce qui change en 2026 et 2027
Côté État, rien ne bouge avant longtemps. Le Girardin productif est ouvert en Nouvelle-Calédonie jusqu'au 31 décembre 2029, et la loi du 14 février 2025 a relevé ses taux pour les projets calédoniens après les destructions de 2024.
Côté territoire, l'aide fiscale locale court aujourd'hui jusqu'au 31 décembre 2030. Le 15 avril 2026, le gouvernement a adopté un projet de loi du pays qui la modifie sur trois points :
- prolongation du dispositif jusqu'au 31 décembre 2035 ;
- seuil du crédit direct abaissé de 10 à 3 millions de francs ;
- pour les programmes agréés à partir de 2027 hors Grand Nouméa, taux ramené de 60 % à 54 %.
Le texte ouvre aussi le dispositif à l'accueil des personnes âgées, à l'agriculture et au transport maritime de passagers.
Un projet, pas encore la loi
En septembre 2026, la direction des services fiscaux affiche toujours le régime en vigueur : 10 MF pour le crédit direct, 60 % hors Grand Nouméa.
Si le texte passe en l'état, un programme en brousse agréé avant la fin de 2026 garde le taux de 60 %. Vu la durée de l'instruction, cela suppose un dépôt rapide. Faites confirmer l'état du texte par la DSF, au 25 75 00.
Ce que votre entreprise s'engage à tenir
L'avantage n'est acquis qu'au bout de cinq ans. Jusque-là, votre entreprise doit exploiter le bien, dans l'activité déclarée et sur le territoire. Une revente, un arrêt d'activité ou un matériel qui dort au dépôt suffisent à déclencher une reprise.
La reprise frappe d'abord les investisseurs, mais le contrat de location la répercute presque toujours sur l'exploitant par une clause d'indemnisation. Mesurez-la avant de signer : c'est elle qui dit ce que vous coûterait un accident de parcours.
Tenez aussi une comptabilité propre : bien inscrit à l'actif au terme, loyers passés en charge, factures conservées. En cas de contrôle, c'est votre dossier qui prouve l'exploitation effective.
Pour comparer les risques des deux volets du dispositif côté investisseur, voyez notre page pour comparer Girardin industriel et logement social.
Contenu informatif, sans valeur de conseil fiscal ou financier personnalisé. Les fourchettes présentées reprennent les taux publiés par la DSF et le bulletin officiel des finances publiques, et les ordres de grandeur annoncés par les opérateurs de la place. Seul un plan de financement établi sur votre devis fait foi. Taux, seuils et échéances évoluent : vérifiez les textes en vigueur avant toute décision.








