La Nouvelle-Calédonie est l’un des points chauds de biodiversité de la planète : environ 75 % de sa flore et 92 % de ses lézards n’existent nulle part ailleurs. Son emblème, le cagou, est un oiseau gris qui ne vole pas et dont le cri ressemble à l’aboiement d’un petit chien. Choisissez votre mois de voyage : le calendrier dit ce que vous verrez.
Choisissez un mois : les espèces visibles à cette période remontent en tête.
Où : Parc de la Rivière Bleue, sur le sentier du Cagou, à 5 km du pont Pérignon : plus de 1 000 oiseaux au recensement de 2019. En volière au parc zoologique de Nouméa.
Conseil : Arrivez tôt et marchez sans bruit. Au parc zoologique, le nourrissage a lieu à 10 h. Préparer la journée dans le Grand Sud.
Où : Forêts humides de la Rivière Bleue et du parc des Grandes Fougères, à Farino.
Conseil : On l’entend souvent avant de le voir, un roucoulement grave au sommet des arbres.
Où : Partout sur la Grande Terre et aux îles, en colonies dans les grands arbres.
Conseil : Au crépuscule, quand elles quittent leur dortoir pour aller se nourrir.
Où : Parc des Grandes Fougères pour les deux. La perruche cornue fréquente aussi les kaoris de la Rivière Bleue.
Conseil : Les jumelles changent tout : ce sont des oiseaux verts dans une forêt verte.
Où : Forêts du sud de la Grande Terre. Le gecko à crête vit aussi à l’île des Pins.
Conseil : Ils sortent la nuit, dans les arbres. Une balade guidée à la lampe frontale donne une vraie chance.
Où : Grand Lagon Sud, baie de Prony et large de l’îlot Amédée.
Conseil : La saison va de mi-juillet à mi-septembre, avec un pic en août. Réservez tôt. Choisir sa sortie baleines.
Où : Plage de la Roche Percée, à Bourail : premier site de ponte du pays.
Conseil : Ponte de novembre à mi-janvier, éclosions jusqu’à mi-avril. Observation encadrée par l’association Bwärä, sur réservation. Voir Bourail et la Roche Percée.
Où : Herbiers et récifs du lagon, autour des îlots de Nouméa et aux îles.
Conseil : En snorkeling, restez à distance et ne la suivez pas quand elle remonte respirer.
Où : Herbiers peu profonds de la côte ouest. La rencontre reste rare.
Conseil : S’approcher volontairement à moins de 50 m coûte 90 000 F d’amende.
Où : Stations de nettoyage de la passe de Boulari, au large de Nouméa, et de Touho, sur la côte est.
Conseil : Une rencontre de plongeur plus que de nageur. Les spots de plongée.
Où : Passes et tombants du récif, bords des îlots.
Conseil : Les requins de récif sont craintifs. Le risque vient des bouledogues et des tigres, pas d’eux.
Où : Rochers et plages des îlots du lagon sud.
Conseil : Il n’attaque pas. On le regarde passer sans le toucher.
visible possible, plus rare hors saison
Le cagou : où le voir en liberté ou au parc
Le cagou mesure 50 à 70 cm. Il marche dans le sous-bois, fouille la litière et porte une huppe qu’il déploie quand il se sent menacé. Il ne vole pas, ce qui le rend vulnérable aux chiens et aux chats, et l’UICN le classe en danger. Son cri porte à plus d’un kilomètre.
Trois parcs provinciaux permettent de le voir. Tous ferment le lundi et le mardi.
| Parc | Horaires | Entrée adulte | Le cagou |
|---|---|---|---|
| Rivière Bleue, Yaté | mer.-dim., 7 h-17 h, dernière entrée 14 h | 600 F | En liberté, plus de 1 000 oiseaux |
| Parc zoologique Michel Corbasson, Nouméa | mer.-dim., 9 h-17 h, dernière entrée 16 h | 600 F | En volière, nourrissage à 10 h |
| Grandes Fougères, Farino | mer.-dim., 7 h-17 h, dernière entrée 15 h | 400 F | Rare, une centaine en 2019 |
Au parc de la Rivière Bleue, la meilleure chance
C’est ici que la population a été reconstituée : 60 cagous en 1984, près de 700 en 2009, plus de 1 000 au recensement de 2019.
Le sentier du Cagou part à 5 km du pont Pérignon. Le parc est à 66 km de Nouméa, soit environ 1 h 30 de route.
Comptez 600 F l’entrée, 300 F pour les 6-17 ans, les plus de 60 ans et les étudiants, 1 500 F pour une famille. La navette intérieure se paie en plus, au même tarif. Le parc ferme les jours de fortes pluies. Pour organiser la journée avec les lacs et la route du Grand Sud, voir notre guide du parc des Grands Lacs de Yaté.
Au parc zoologique de Nouméa, sans voiture de location
Le parc zoologique et forestier Michel Corbasson, sur les hauteurs de Nouméa, garde des cagous en volière et les nourrit à 10 h : c’est le moment où on les voit de près. L’entrée coûte 600 F (300 F en tarif réduit). Aucun bus n’y monte, prévoyez un taxi. Il se combine bien avec le reste d’une journée à Nouméa.
Au parc des Grandes Fougères, pour les oiseaux forestiers
À Farino, sur la côte ouest, le parc a perdu une bonne part de ses cagous : on n’en comptait plus qu’une centaine en 2019. On vient surtout pour le notou et les deux perruches endémiques. L’entrée est à 400 F. De septembre à mars, la saison des feux peut restreindre l’accès à certains sentiers.
Les autres espèces endémiques de la Grande Terre
La faune terrestre calédonienne est faite d’oiseaux, de chauves-souris et de lézards. Les seuls mammifères indigènes sont les chauves-souris : cerfs, cochons et chats sont tous arrivés avec l’homme. Les forêts du massif du mont Panié, au nord, abritent une partie des espèces les plus rares.
Le notou, plus gros pigeon arboricole du monde
Le notou mesure 50 à 55 cm pour 700 g à 1 kg. Il vit dans les forêts humides de la Rivière Bleue et des Grandes Fougères. On l’entend avant de le voir : un roucoulement grave, au sommet des arbres.
Il est classé quasi menacé. La chasse n’est ouverte que les samedis et dimanches d’avril, avec 5 oiseaux par chasseur et par jour, et sa vente est interdite toute l’année.
Les roussettes, chauves-souris géantes

Quatre espèces vivent en Nouvelle-Calédonie, dont trois endémiques : la roussette rousse, la roussette des cailloux et la roussette à queue, présente seulement en province Nord.
La province Nord estimait en 2020 la population à 580 000 adultes. Les chasseurs en prélèvent environ 52 000 par an et les chats harets en tuent 43 000. La roussette rousse est classée vulnérable.
Elle reste un gibier : chasse les week-ends d’avril, 5 par chasseur et par jour, vente interdite. C’est ce qui explique sa place dans la cuisine calédonienne, où elle se mange en civet dans les familles plutôt qu’au restaurant.
Le gecko géant et le gecko à crête

Plus de 130 espèces de lézards vivent sur le territoire, dont 92 % endémiques : près de 4 % des geckos et scinques du monde.
Le gecko géant de Leach atteint 25,5 cm à l’âge adulte, ce qui en fait sans doute l’un des plus gros geckos du monde.
Le gecko à crête, qu’on croyait éteint, a été redécouvert en 1994 dans le sud de la Grande Terre. Il vit aussi à l’Île des Pins. Tous deux sont nocturnes et arboricoles : sans guide et sans lampe frontale, on a peu de chances de les croiser.
Perruches et méliphages
La province Sud recense 24 espèces et sous-espèces d’oiseaux endémiques.
Les plus faciles à repérer pour un voyageur sont la perruche à front rouge, présente sur la seule Grande Terre, et la perruche cornue, qui décortique les cônes de kaori à la Rivière Bleue et au col d’Amieu. La Rivière Bleue est aussi l’un des rares endroits où l’on voit le méliphage noir, que les Calédoniens appellent toulou.
La faune du lagon classé à l’UNESCO
Le lagon inscrit au patrimoine mondial en 2008 concentre la faune que les voyageurs viennent voir. Un masque suffit pour les tortues et les requins de récif. Pour les raies manta, il faut plonger.
Les îlots du lagon sud sont le plus simple pour commencer : tortues vertes au-dessus des herbiers, tricots rayés sur les rochers. GetYourGuide vend une sortie à l’îlot Signal, la réserve des tortues, au départ de Nouméa et réservable avant le départ.

Les tortues et la ponte de la Roche Percée

Trois espèces fréquentent le lagon : la tortue verte, la plus courante en snorkeling, la tortue grosse tête et la tortue imbriquée.
La plage de la Roche Percée, à Bourail, est le premier site de ponte de la tortue grosse tête dans le pays et le deuxième du Pacifique Sud : environ 70 femelles et 288 nids en 2022. Les pontes ont lieu de novembre à mi-janvier, les éclosions de fin décembre à mi-avril.
L’observation se fait avec l’association Bwärä, sur réservation auprès de Sud Tourisme. Les règles sont strictes : rester à plus de 10 m, aucune lumière (lampe, téléphone, flash, phares de voiture) et pas de chien sur la plage.
Le dugong, rare et très protégé

Le lagon abrite l’une des dernières populations viables de dugongs, mais elle s’effondre. La province Sud l’estime à environ 400 individus, contre 2 000 en 2008. Le dernier comptage publié, en 2018, en trouvait 370 à 380.
L’UICN a classé la population en danger en décembre 2022 et lui attribue la plus faible diversité génétique connue pour l’espèce. Un nouveau survol a eu lieu en juin 2026, résultats attendus d’ici la fin de l’année.
Si vous en croisez un, restez à distance. S’approcher volontairement à moins de 50 m coûte 90 000 F d’amende, et l’observation est limitée à 2 heures à moins de 300 m. La pêche, la capture ou la consommation d’un dugong sont punies de 1 780 000 F, d’un an de prison et de la saisie du bateau.
Les raies manta

Deux sites sont connus pour leurs stations de nettoyage : la passe de Boulari, au large de Nouméa, et Touho, sur la côte est. C’est une rencontre de plongeur plus que de nageur, qui se prépare avec un club : voir nos repères sur la plongée sur le Grand Récif.
Les baleines à bosse, de mi-juillet à mi-septembre
Les baleines à bosse viennent se reproduire et mettre bas dans le lagon sud, avec un pic en août. Les sorties partent de Nouméa et de la baie de Prony. Les places partent vite. Tout est détaillé dans notre guide pour observer les baleines.
Animaux dangereux en Nouvelle-Calédonie : ce qui pique ou mord vraiment
Sur terre, on ne risque presque rien : ni serpent venimeux, ni grand prédateur, ni crocodile. Le danger est en mer et, pour une petite part, chez les insectes.
| Animal | Risque réel | Précaution |
|---|---|---|
| Requins bouledogue et tigre | 62 interactions de 1980 à 2022, dont 24 mortelles | À Nouméa, se baigner dans les zones protégées par un filet |
| Cuboméduses | Piqûres sévères, environ 10 jours après chaque pleine lune | Consulter le calendrier de la DASS, rincer au vinaigre |
| Moustiques | Dengue épidémique depuis le 26 mars 2026 | Répulsif, de jour comme en soirée |
| Tricot rayé | Venin puissant, animal peu agressif. Dernière morsure mortelle en 1974 | Ne pas le saisir |
| Poisson-pierre, cônes | Piqûres douloureuses, voire graves | Chaussons sur le récif, ne pas ramasser de coquillages vivants |
| Fourmi électrique | Piqûres très irritantes, dangereuse pour les yeux des animaux domestiques | Demander sur place quelles zones sont infestées |
Requins : ce qui s’est passé en 2025 et 2026
Le 2 janvier 2025, un chasseur sous-marin a été tué par un requin tigre près de l’îlot Kendec, à Koumac.
Le 22 février 2026, un wingfoiler est mort au large du Château Royal, à l’Anse Vata. Le 15 avril 2026, un rameur de va’a a été grièvement blessé à Côte-Blanche. Après chaque attaque, la ville de Nouméa a interdit la baignade hors des zones filetées pendant une à deux semaines et organisé des campagnes de prélèvement.
Deux zones sont protégées par un filet : la Baie des Citrons (10 ha, depuis décembre 2023) et la plage du Château Royal (2,7 ha, depuis septembre 2024).
Elles sont surveillées tous les jours de l’année, de 8 h 45 à 17 h d’octobre à avril et jusqu’à 16 h de mai à septembre. Ailleurs, la mairie rappelle que la baignade se fait aux risques et périls de chacun.
Serpents et crocodiles : pourquoi il n’y en a pas

Aucun serpent terrestre dangereux ne vit en Nouvelle-Calédonie. On trouve seulement deux petits serpents aveugles, dont l’un, endémique de Lifou et de Maré, mesure une vingtaine de centimètres. Les tricots rayés sont des serpents marins : leur venin est neurotoxique, mais ils ne mordent presque jamais.
Il n’y a pas non plus de crocodiles. Le seul connu est Hector, un crocodile marin arrivé du Vanuatu à Lifou en avril 1993, qui y a vécu une douzaine d’années.
Observer sans déranger : ce que dit la loi
Le code de l’environnement de la province Sud protège les espèces endémiques, rares ou menacées. Tuer ou capturer une espèce protégée non chassable expose à 3 500 000 F d’amende et à une peine de prison.
Pour le notou et les roussettes, les infractions à la réglementation de chasse vont jusqu’à 7 159 000 F et 4 ans de prison. En pratique, pour un voyageur, cela se résume à ne pas nourrir, toucher ni poursuivre un animal, et à respecter les distances : 10 m pour une tortue qui pond, 50 m pour un dugong.
Les espèces introduites, et ce qu’elles coûtent à la faune locale
Le cerf rusa, introduit en 1870, se chasse toute l’année sans quota, comme le cochon et la chèvre ensauvagés : la province le traite comme une espèce à réguler, pas à protéger.
Les chats harets sont plus discrets et plus destructeurs : une étude de l’Université de la Nouvelle-Calédonie a trouvé 44 espèces de vertébrés dans leur régime, dont 20 menacées. La fourmi électrique, repérée à Dumbéa en 1972, et les rats complètent la liste des espèces introduites qui pèsent sur la faune locale.
Horaires et tarifs des parcs relevés en septembre 2026 sur le site de la province Sud, statuts et chiffres d’après la province Sud, la province Nord, l’IRD et la presse calédonienne. Les parcs ferment par forte pluie et peuvent restreindre l’accès en saison des feux : vérifiez avant de partir.











